Le quartier Arigirgidi de Diffa , fortement urbanisé, subit une dégradation écologique accéléré : désertification, disparition quasi-totale des arbres d’ombrage et fruitiers, chaleurs excessive, et paupérisation de sols. Dans les écoles, les enfants étudient dans des conditions climatiques difficiles, avec une faible conscience des enjeux environnementaux. A domicile, leurs familles n’ont souvent ni ombre, ni ressources végétales, ni appui pour créer des espaces verts ou vivriers.
Les causes sont multiples : coupes abusives des bois, pression démographique qui oblige de creuser d’autres toits à la place et lieu des arbres, manque de politiques locales de verdissement, absence de pratiques durables et de programmes d’éducation à l’environnement dans les écoles pour préparer la génération future à la sauvegarde de l’environnement. Les populations n’ont ni les moyens ni les outils pour réagir efficacement.
Le problème se manifeste par la baisse de la fréquentation scolaire en saison chaude, la fatigue chronique des élèves, surtout avec le nouveau programme de « journée continue » à l’école, l’érosion des sols dans les cours d’école et l’absence d’arbres utilitaires dans les foyers. Les ménages les plus pauvres sont les plus affectés, sans pouvoir replanter ni valoriser les rares ressources disponibles.
Le besoin immédiat est de créer des conditions d’apprentissage plus favorables, de reconnecter les enfants à la nature, et de permettre aux familles de produire de ressources
Le projet se distingue par une approche innovante combinant éducation, résilience économique et technologique localement adaptée. Des carnets verts où chaque élève note l’évolution de son arbre, ce qu’il a appris et ce qu’il transmet à ses parents : cela le transforme en véritable acteur et observateur actif tout en renforçant le lien intergénérationnel autour de la protection de l’environnement. Les systèmes simples d’irrigation goutte-à-goutte local à partir des bidons ou bouteilles recyclés, percés pour faciliter l’arrosage des plants dans les écoles et foyers en période de chaleur ce qui limite la dépendance à l’eau en saison sèche et permet même aux enfants de s’occuper de l’arrosage sans effort. Ce système simple adapte la technologie à un contexte de pénurie d’eau tout en valorisant la récupération des déchets (bidons et bouteille) et des groupes de suivi numériques renforcent la participation actives des élèves et familles par l’utilisation de groupe Whatsapp et SMS pour créer un réseau de suivi communautaire (parents, élèves et enseignants). Ce groupe permettra aux familles d’envoyer des photos, de demander de l’aide de leurs plants et de se motiver mutuellement ; tout ça permet d’utiliser les outils à porter de main pour créer une communauté verte connectée même en zone à ressources limitée.
Ce modèle repose sur une pédagogie active, des ressources locales et une implication directe des familles. Il a été inspiré par des expériences réussi dans d’autres régions du Niger (projet « Reverdir le Niger avec les arbres » et « Un enfant, un arbre au Niger »). Toutes ces initiatives sont adaptables au contexte urbain de Diffa. L’implication simultanée des services techniques, des écoles, des enfants, des familles et d’autres associations environnementalistes (comme AJUPE-NIGER) favorise un ancrage profond et durable.
Ce problème a été identifié à travers des visites communautaires, des échanges avec les COGES et les services techniques, les étudiants de l’université de Diffa, les associations et les ONG œuvrant dans le domaine de l’environnement et plusieurs observateurs. Les élèves, enseignants et familles ont souligné le besoin d’un reboisement ciblé, mais aussi d’une éducation environnementale adaptée aux réalités des enfants en associant les nouvelles techniques innovantes.
Nous proposons une démarche complète d’action scolaire et familiale, articulé autour de trois volets :
1. Sensibilisation des enfants dans les écoles par des activités ludiques, créatives et participatives ;
2. Plantation de 2000 arbres fruitiers (manguiers, citronniers, le moringa, l’eucalyptus, etc.) dans les écoles et dans les foyers des élèves ;
3. Suivi communautaire des plants via des outils simples (visite, SMS, Whatsapp), carnet personnel de suivi pour chaque enfant et accompagnement des familles.
Chaque élèves tiendra un ‘’carnet vert’’ oû il documente l’évolution de son arbre et les gestes écologiques appris. A domicile, chaque famille recevra un mini-kit de plantation avec un guide illustré adapté à la lecture locale, et un système d’irrigation par recyclage de bouteille usée.
